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Financement

Media for equity : combien coûte vraiment la dilution

2026-07-31 · 6 min de lecture

Le media for equity n'est pas de la pub gratuite. Comment calculer la dilution réelle d'un deal média et le seul chiffre à négocier avant de signer.

Quand je parle de media for equity à des fondateurs, la première réaction est presque toujours la même : « donc c'est de la pub gratuite ». Non. C'est potentiellement la ligne la plus chère de votre table de capitalisation, et ça ne se voit pas au moment de signer.

Le principe tient en une phrase. Vous cédez une part minoritaire de votre capital, un groupe média vous ouvre son inventaire publicitaire. Aucun cash ne sort de la trésorerie. Sur le marché français, ces prises de participation se situent le plus souvent entre 5 et 15 % du capital. Le fondateur garde le contrôle, la campagne tourne, le runway ne bouge pas.

Le problème n'est pas le principe. Il est dans la seule variable que la plupart des fondateurs ne creusent pas assez : à quel prix votre espace média est-il valorisé dans le deal.

Brut ou net : le seul chiffre à négocier

Un espace publicitaire a deux prix. Le tarif carte, affiché par la régie, qu'on appelle le brut. Et le prix réellement payé après négociation par une agence média, le net. Entre les deux, il y a couramment un facteur 2 à 3 selon les supports, les saisons et le volume engagé.

Si votre contrat valorise l'espace au brut, vous payez en capital une visibilité que vous auriez pu acheter deux à trois fois moins cher en cash. Et la comparaison est brutale : la dilution est immédiate et définitive, l'espace média est consommé en six mois.

C'est le point sur lequel je conseille de ne rien lâcher. Demandez sur quelle base l'inventaire est valorisé, exigez un comparatif avec un prix d'achat de marché, faites-le vérifier par quelqu'un dont c'est le métier d'acheter ces écrans. Si la régie refuse de détailler sa base de valorisation, la réponse est déjà dans le refus.

Calculer la dilution réelle : un exemple

Prenons une startup valorisée 20 M€ qui signe un deal de 2 M€ d'espace média. Elle cède 10 % de son capital. Sur le papier, la transaction est équilibrée.

Sauf que ces 2 M€ sont valorisés au tarif carte. Le même plan média, acheté en négociation par une agence, coûte de l'ordre de 700 000 € net. La startup vient donc de céder 10 % de son capital pour 700 000 € de valeur réelle. Ramenée à ce montant, la valorisation implicite de l'entreprise dans l'opération tombe à 7 M€, contre 20 M€ affichés.

Ces mêmes 10 % vendus en cash à un fonds auraient rapporté 2 M€, utilisables sur le média, les recrutements ou le produit. Tout l'écart entre un bon et un mauvais deal tient dans ce seul chiffre.

Le calcul à faire avant de signer

Valeur nette réelle de l'espace ÷ pourcentage de capital cédé = votre valorisation implicite. Comparez-la à votre dernière valorisation en cash. Si l'écart est important, vous ne financez pas votre croissance : vous vendez du capital au rabais contre de la visibilité.

Ce que le média achète, et ce qu'il n'achète pas

Un dispositif média massif fabrique de la notoriété. Rien d'autre. Sur Deblock, l'encerclement du métro parisien combiné à un géociblage mobile à 100 mètres des stations a généré plus de 30 millions d'impressions. Ça installe une marque dans la tête des gens à une vitesse qu'aucun canal digital ne permet.

Mais ça ne recrute personne, ça ne construit pas votre produit et ça ne retient pas vos clients. Le média ne paie ni les salaires ni la roadmap. Un deal de media for equity complète une levée en cash, il ne la remplace pas. Les fondateurs qui l'oublient se retrouvent avec une marque connue et une équipe sous-dimensionnée pour encaisser la demande.

Corollaire : votre infrastructure doit tenir. Une campagne TV et CTV nationale qui arrive sur un tunnel de conversion bancal, c'est du capital transformé en trafic perdu.

La règle que j'applique avant de dire oui

Ne signez que pour un budget média que vous auriez dépensé en cash de toute façon, sur un plan que vous auriez validé sans le financement.

Concrètement : construisez le plan média d'abord, cherchez le financement ensuite. Jamais l'inverse. Si le plan ne tient pas debout financé en euros, il ne tiendra pas mieux financé en actions. Le media for equity a cette particularité perverse de rendre acceptables des plans qu'on aurait refusés en cash, simplement parce que la douleur budgétaire est différée.

Ce test élimine la moitié des deals qu'on me montre.

Trois cas où il faut dire non

  • Votre cible est trop étroite. Une campagne grand public sur une audience B2B de niche arrose massivement des gens qui ne seront jamais clients. Sur Medical Pro, l'acquisition de radiologues et de médecins s'est jouée sur LinkedIn et le contenu, pas sur un écran national.
  • L'inventaire vous est imposé. Si vous n'avez pas la main sur les emplacements et les écrans, vous héritez des invendus. Demandez la couverture et la répétition garanties, pas seulement un montant global.
  • Votre produit n'est pas prêt. Sans traction validée ni capacité à absorber un pic de demande, la campagne révèle vos failles au lieu de servir votre croissance.

À quoi ressemble un deal bien construit

Espace valorisé au net, plan média conçu par quelqu'un dont c'est le métier, mix cohérent entre notoriété et activation, mesure en place avant le premier spot. C'est la logique que nous appliquons sur les dispositifs OOH et DOOH, où le prix réellement payé pour un même emplacement varie du simple au triple selon la négociation. Sur Comptoirs de la Bio, ce travail de ciblage isochrone a permis de diviser le budget par deux face à un dispositif de prospectus, à performance égale et cette fois entièrement tracké.

Le média n'est pas gratuit parce qu'il est payé en actions. Il est payé avec la monnaie la plus rare que vous possédiez.

Si vous avez un deal sur la table, faites-le auditer avant de signer. Nous regardons la valorisation de l'inventaire et la solidité du plan média associé dans le cadre d'un audit gratuit. Pour le fonctionnement détaillé du modèle et les acteurs français, nous avons publié un guide complet du media for equity.


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Jour de Chance

L'équipe Jour de Chance

Experts en acquisition digitale et stratégie média.

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